Récits typographiques
éditions MeMo
Le diable abandonné I
« Jeune homme, permettez-moi une petite mise au point avant que nous nous séparions : cette histoire, vous l’avez notée sans me demander mon avis. Vous auriez pu simplement l’écouter ; de toute façon vous l’auriez retenue. Mais maintenant, elle est écrite de votre main. Tous les mots qui la composent vous appartiennent. Tous sans exception. Vous avez le reste de votre vie pour en mesurer les conséquences… »
Le diable abandonné
Premier tableau
La Meuse obscure
17,2 x 22 cm
96 pages avec illustrations couleur
2007
19 €
Le diable abandonné II
Perdu au fin fond de l’espace vide, il ne restait plus au fils que ces mots : « Rien, rien, je ne suis plus rien ». Et comme il les disait dans l’immensité glaciale, le dernier souffle de ces mots encore chauds se mit à geler. Un petit bloc de glace apparut. « Oh, ça alors ! » dit le fils. Et les mots de son étonnement vinrent geler sur la première glace. Le fils se mit à dire n’importe quoi. Et ce n’importe quoi, il le dit n’importe comment. Sur tous les tons. Dans toutes les langues. Tout était bon pour faire grossir le bloc de glace. Il réussit bientôt à s’y tenir debout, s’y asseoir, s’y allonger, et enfin, à marcher dessus. Le fils parlait, parlait, il ne pensait qu’à augmenter son refuge. Mais à force de parler, il se sentit complètement déshydraté. « Boire, boire, boire ». Il lécha la glace jusqu’à retrouver à nouveau la force de parler.
Mais il n’aurait pas dû trop boire, car très rapidement, il ne put contenir un besoin pressant. Une tache jaune se répandit autour de lui et fit fondre la glace sous ses pieds. Il passa au travers et tomba dans le vide.
Malgré la vitesse de sa chute, il eut le temps de voir apparaître — dans le trou qu’il avait provoqué — une ombre. Une sombre présence qui le regardait droit dans les yeux. Le fils tenta l’impossible pour se retenir à elle, mais les ombres n’ont pas toujours besoin de nous pour exister. Et le fils continua de tomber…
Le diable abandonné
Deuxième tableau
La forêt des origines
17,2 x 22 cm
96 pages avec illustrations couleur
2008
19 €
Perdu au fin fond de l’espace vide, il ne restait plus au fils que ces mots : « Rien, rien, je ne suis plus rien ». Et comme il les disait dans l’immensité glaciale, le dernier souffle de ces mots encore chauds se mit à geler. Un petit bloc de glace apparut. « Oh, ça alors ! » dit le fils. Et les mots de son étonnement vinrent geler sur la première glace. Le fils se mit à dire n’importe quoi. Et ce n’importe quoi, il le dit n’importe comment. Sur tous les tons. Dans toutes les langues. Tout était bon pour faire grossir le bloc de glace. Il réussit bientôt à s’y tenir debout, s’y asseoir, s’y allonger, et enfin, à marcher dessus. Le fils parlait, parlait, il ne pensait qu’à augmenter son refuge. Mais à force de parler, il se sentit complètement déshydraté. « Boire, boire, boire ». Il lécha la glace jusqu’à retrouver à nouveau la force de parler.
Mais il n’aurait pas dû trop boire, car très rapidement, il ne put contenir un besoin pressant. Une tache jaune se répandit autour de lui et fit fondre la glace sous ses pieds. Il passa au travers et tomba dans le vide.
Malgré la vitesse de sa chute, il eut le temps de voir apparaître — dans le trou qu’il avait provoqué — une ombre. Une sombre présence qui le regardait droit dans les yeux. Le fils tenta l’impossible pour se retenir à elle, mais les ombres n’ont pas toujours besoin de nous pour exister. Et le fils continua de tomber…
Le diable abandonné
Deuxième tableau
La forêt des origines
17,2 x 22 cm
96 pages avec illustrations couleur
2008
19 €
Le diable abandonné III
Nos frontières ne sont pas vraiment définies. Et pourtant, chaque matin, quand nous nous réveillons, nous sentons en nous les limites de la journée à venir : « Aujourd’hui, je serai capable de faire ceci ou cela ; je pourrai aller jusque-là. » Si, en fin de journée, nous n’avons pas atteint ces frontières, nous comblons l’espace manquant en nous racontant des histoires. Parfois, les circonstances de la vie nous poussent, bien au-delà de nos limites, dans un monde où nous ne nous étions jamais imaginés nous retrouver. Nous nous sentons étranger à nous-mêmes. Et là, pas la peine de se raconter quoi que ce soit. Nous sommes dans une histoire qui ne nous appartient pas.
Certains d’entre nous, pour garder une chance de renouer avec leur monde d’autrefois, écrivent leur vie, la roulent sur elle-même et la glissent dans une bouteille qu’ils lancent à la mer en espérant qu’elle ne sombre pas dans les grandes profondeurs.
D’autres ne se retournent pas et explorent leur nouvel espace ; ils en apprennent la langue et acceptent de vivre dans une histoire qui ne les attendait pas.
Chaque matin quand ils se réveillent, ils se demandent « Où suis-je ? »
Et une petite voix, qui vient de nulle part, leur répond : « Tu es au monde. »
Le diable abandonné
Troisième tableau
L’horizon lent
17,2 x 22 cm
96 pages avec illustrations couleur
2009
19 €
Nos frontières ne sont pas vraiment définies. Et pourtant, chaque matin, quand nous nous réveillons, nous sentons en nous les limites de la journée à venir : « Aujourd’hui, je serai capable de faire ceci ou cela ; je pourrai aller jusque-là. » Si, en fin de journée, nous n’avons pas atteint ces frontières, nous comblons l’espace manquant en nous racontant des histoires. Parfois, les circonstances de la vie nous poussent, bien au-delà de nos limites, dans un monde où nous ne nous étions jamais imaginés nous retrouver. Nous nous sentons étranger à nous-mêmes. Et là, pas la peine de se raconter quoi que ce soit. Nous sommes dans une histoire qui ne nous appartient pas.
Certains d’entre nous, pour garder une chance de renouer avec leur monde d’autrefois, écrivent leur vie, la roulent sur elle-même et la glissent dans une bouteille qu’ils lancent à la mer en espérant qu’elle ne sombre pas dans les grandes profondeurs.
D’autres ne se retournent pas et explorent leur nouvel espace ; ils en apprennent la langue et acceptent de vivre dans une histoire qui ne les attendait pas.
Chaque matin quand ils se réveillent, ils se demandent « Où suis-je ? »
Et une petite voix, qui vient de nulle part, leur répond : « Tu es au monde. »
Le diable abandonné
Troisième tableau
L’horizon lent
17,2 x 22 cm
96 pages avec illustrations couleur
2009
19 €
Récits graphiques
éditions le corridor
La rivière bien nommée
« Cher Monsieur, que voulez-vous que je vous dise ? Que vous en savez beaucoup plus que nous sur notre propre histoire ? C’est certainement vrai. Que nous avons oublié qui nous sommes ? Chaque jour, les autres se chargent de nous le rappeler. Que nous avons oublié d’où nous venons ? Nous venons du nord de l’Inde, comme la légende de la Rivière Bien Nommée. C’est pour cela que nous la chantons. Nous nous sommes toujours souvenus du nom de notre légende. Est-ce qu’il faut en savoir plus pour continuer à vivre ? »
15,7 x 21,2 cm
leporello avec cahiers cousus à l’intérieur
pochette en plastique transparent
60 pages avec illustrations couleur
2011
50 €
Le benshi d’Angers
« C’est un fil bien résistant que vous avez là.
Un fil qui serait bien capable de vous retenir au-dessus du vide. Mais je ne crois pas qu’il contienne la moindre histoire. Regardez comme il tremble.
Il n’y a pas le moindre gramme de vent et il tremble. Il est tout entier dans son tremblement.
— Mais qu’est-ce que cela veut dire ?
— Que vous vous êtes retrouvé dans son tremblement. Rien de plus. »
15,7 x 21,2 cm
leporello avec cahiers cousus à l’intérieur
pochette en plastique transparent
60 pages avec illustrations couleur
2012
50 €
L’ermite ornemental
Même si je pouvais toujours m’habiller comme bon me semble durant mon séjour, il n’était plus question de me couper les cheveux, ni la barbe, ni les ongles des pieds et des mains. Aucun contact avec quiconque ne m’était autorisé. Pour que mes réflexions ne sortent pas de moi, il m’était interdit d’écrire, sauf des demandes précises qui ne seraient adressées qu’au château ; je ne pouvais pas lire non plus, excepté les consignes qui me seraient déposées dans ma remise. La seule distraction tolérée était de dessiner les fleurs et les arbres du jardin.
18 x 24, 5 cm
couverture simple
60 pages avec illustrations couleur
2012
30 €
L’appartement à trous
« Tu dois faire comme les chats. Un chat ça écoute ce qu’on lui dit, ça ne juge pas, ça ronronne et ça mène sa vie intérieure. Et puis, d’un autre côté, quand toi tu auras quelque chose à dire, quelque chose qui te tiendra particulièrement à coeur, tu le diras à ton chat. Il t’écoutera sans ciller puis il emportera tous tes mots dans sa vie intérieure. C’est un peu comme si tu plaçais tes mots à la banque. À la différence près qu’une fois déposés, tu ne pourras plus les reprendre ; ils fructifieront dans la vie du chat à un taux que tu ne connais pas. Et quand ton chat mourra, tu l’enterreras et des fleurs ou des mauvaises herbes lui pousseront dessus. »
17,8 x 24,5 cm
couverture souple à rabat
60 pages avec illustrations couleur
2013
30 €
Les images flottantes
Tissez-vous ! Alors que les autres se tortillaient comme de vulgaires chenilles désorientées, nous avions très rapidement atteint l’habileté de vers à soie expérimentés. Tendez-vous ! Pour nous faire éprouver la sensation d’être une toile tendue sur un châssis, l’après-midi était consacrée aux exercices d’étirement. Peignez-vous ! Même si cela provoquait de terribles chatouillements chez ceux qui étaient peints, il nous était interdit d’émettre le moindre rire. Accrochez-vous ! Après cinq minutes, nous étions devenus tout bleu. Entreposez-vous ! Au fond de la réserve, nous étions alignés les uns contre les autres, bras et mains le long du corps, yeux fermés. Il ne fallait penser à rien du tout.
28 x 22,5 cm, cousu,
couverture souple à rabat,
48 pages,
50 illustrations en couleur,
prix : 25 euros.
Sortie en librairie le 2 juin 2016
La maison vague
« Voilà un chien, un chien abandonné tout petit
Par la sombre main d’un maître froid, sans remords.
Recueilli enfin par un enfant qui lui donne réconfort,
Il devient grand et fort. Pourtant, une profonde nuit
Il voit passer l’ombre ancienne du maître sans pitié.
Aussitôt il s’en approche et, sans hésiter, va lui donner
L’amour infini reçu de l’enfant généreux.
Je suis comme ce chien, jeté dans le monde creux
Par la grande vague noire et froide de l’éternité.
La vie m’a recueilli, aimé, comblé.
Je suis devenu marin. Pourtant, une nuit viendra
Où je verrai passer la sombre vague de l’au-delà.
Je plongerai en elle et, sans hésiter, lui donnerai
L’amour infini que j’ai reçu de la vie étoilée. »
28 x 22,5 cm, cousu,
couverture souple à rabat,
48 pages, 50 illustrations en couleur,
prix : 25 euros.
Sortie en librairie le 2 décembre 2014
Le zéro absolu
Je lui ai demandé comment il s’y prenait pour arriver à si bien nous faire ressentir la force de nos destinées dans le grand mouvement de l’Univers.
Le poids de ma question ne semblait pas du tout l’écraser. Il m’a répondu : « Mais tout simplement parce qu’il n’y a ni destinée ni grand mouvement de l’Univers. Il n’y a aucun sens à la vie. Il n’y a pas de loi de la Nature. Je ne décris que ce que je vois, je ne prête aucune intention. »
Peut-être devais-je accepter moi aussi de voir ma vie se résumer au fait de placer tous mes rêves et mes espoirs dans des situations vides de sens ?
25 x 20 cm, reliure à anneaux,
couverture souple à rabat,
38 pages, 10 illustrations noir et blanc,
prix : 25 euros.
Sortie en librairie en juillet 2017
L’ombre du scarabée
« Cet homme – qui a rêvé trop fort – se promène dans le temps comme on se promène dans une forêt. Il mélange les âges de sa vie comme on bat un jeu de cartes. Il rêvera sa vie éternellement. Mais quand il se rendra compte que son rêve ne prendra jamais fin, que tout n’est qu’illusion, que pas même la Mort n’aura de poids à ses yeux, il prendra peur et voudra se réveiller à tout prix. Le prix à payer sera très cher. Très, très cher. C’est le prix des forces surnaturelles. Il ne se réveillera que s’il accepte de se transformer en… »
13 X 20,5 cm
Boîtier
10 livrets de 2 à 28 pages
2017
20€
Jouons avec l’ermite ornemental
Les ermites ornementaux ont réellement existé dans l’Angleterre des XVIIIe et XIXe siècles.
À l’époque, des aristocrates les accueillaient au sein de leurs jardins pour y donner une petite touche philosophique qui serait du meilleur effet auprès de leurs invités. Parfois, de fausses grottes étaient construites rien que pour les abriter. En échange, pour faire plus vrai que nature, les ermites ornementaux s’engageaient à ne se couper ni cheveux ou poils de barbe, ni ongles de pieds ou de mains.
S’ils pouvaient méditer en solitaire de longues journées sur des questions fondamentales, les ermites ornementaux n’oubliaient jamais qu’aux yeux des autres, ils étaient avant tout des figures décoratives.
Charmes en série (à paraître)
Un enfant se retrouve perdu dans la forêt. Il a peur, il a froid. Il croise un loup. « Donne-moi ta peau ! » dit l’enfant au loup. Le loup s’exécute.
L’enfant marche dans la forêt. La nuit est tellement noire que tous les chemins se ressemblent.
L’enfant croise un hibou. « Donne-moi tes yeux ! » Le hibou donne ses yeux.
L’enfant embrasse alors la forêt de son regard. Il n’en voit pas la fin. Il se sent terriblement seul. Il cherche un compagnon, quelqu’un avec qui jouer. Il rencontre une biche. « Donne-moi ton petit qui va bientôt naître ! » …
Voyages
ÉDITIONS ACTES SUD
l’Atlas du tendre
































































































































































































































